
Corrigé détaillé des exercices du chapitre. Vérifie tes réponses étape par étape et corrige-toi.
1 Premiers termes ★★★
- u1 = 2 × 3 − 5 = 1 ; u2 = 2 × 1 − 5 = −3 ; u3 = 2 × (−3) − 5 = −11 ; u4 = 2 × (−11) − 5 = −27.
- Les termes 3, 1, −3, −11, −27 diminuent : on conjecture que la suite est décroissante. Mais ce n’est qu’une conjecture : cinq termes ne prouvent rien sur tous les termes. Il faudra le démontrer (par exemple par récurrence).
2 Ni croissante, ni décroissante ★★★
- u0 = 2 ; u1 = 1 − 6 + 2 = −3 ; u2 = 4 − 12 + 2 = −6 ; u3 = 9 − 18 + 2 = −7 ; u4 = 16 − 24 + 2 = −6 ; u5 = 25 − 30 + 2 = −3.
- un+1 − un = [(n + 1)² − 6(n + 1) + 2] − [n² − 6n + 2] = n² + 2n + 1 − 6n − 6 + 2 − n² + 6n − 2 = 2n − 5.
- 2n − 5 < 0 pour n ≤ 2 (car alors 2n ≤ 4) et 2n − 5 > 0 pour n ≥ 3 (car 2n ≥ 6). La suite décroît strictement de u0 à u3, puis croît strictement à partir de u3. Elle n’est donc ni croissante ni décroissante ; son plus petit terme est u3 = −7.
3 Une suite arithmétique ★★★
- un = u0 + n r = 7 − 3n ; u20 = 7 − 60 = −53.
- La raison −3 est négative : la suite est strictement décroissante et tend vers −∞.
- 7 − 3n < −100 ⇔ 3n > 107 ⇔ n > 1073 ≈ 35,67. Le plus petit entier est n = 36 : u36 = 7 − 108 = −101 < −100, alors que u35 = 7 − 105 = −98.
4 Une suite géométrique ★★★
- v1 = 5 × 0,8 = 4 ; v2 = 4 × 0,8 = 3,2 ; v5 = 5 × 0,85 = 5 × 0,32768 = 1,6384.
- Ici v0 > 0 et 0 < 0,8 < 1 : la suite est strictement décroissante, et comme 0,8n → 0, (vn) tend vers 0.
- On teste : v17 = 5 × 0,817 ≈ 0,1126 > 0,1 et v18 = 5 × 0,818 ≈ 0,0901 < 0,1. Comme la suite est décroissante, le plus petit rang est n = 18.
5 Vrai ou faux ? ★★★
- Vrai. Si (un) est croissante, un ≥ u0 pour tout n : u0 est un minorant.
- Faux. un = (−1)n est majorée par 1 mais n’est pas décroissante : u0 = 1, u1 = −1, u2 = 1. Contre-exemple aussi : un = −1n+1, majorée par 0 et croissante.
- Vrai. Pour tout n, −1 ≤ (−1)n ≤ 1 : la suite est minorée par −1 et majorée par 1.
- Faux. un = 1 − 1n+1 est croissante (un+1 − un = 1(n+1)(n+2) > 0) mais reste inférieure à 1 : elle ne peut pas tendre vers +∞.
6 Encadrer une suite ★★★
- 2 − 1n+1 = 2(n+1) − 1n+1 = 2n+1n+1 = un.
- Pour tout n, n + 1 ≥ 1 donc 0 < 1n+1 ≤ 1. Donc 2 − 1 ≤ 2 − 1n+1 < 2, soit 1 ≤ un < 2. (u0 = 1 est le minimum.)
- un+1 − un = 1n+1 − 1n+2 = 1(n+1)(n+2) > 0. La suite est strictement croissante.
7 Une première récurrence ★★★
Initialisation : 3 × 0 + 2 = 2 = u0, donc la propriété est vraie au rang 0.
Hérédité : soit n un entier tel que un = 3n + 2. Alors un+1 = un + 3 = 3n + 2 + 3 = 3(n + 1) + 2. La propriété est vraie au rang n + 1.
Conclusion : par récurrence, un = 3n + 2 pour tout entier n. (On reconnaît une suite arithmétique de raison 3.)
8 Somme des entiers impairs ★★★
Initialisation (n = 1) : le membre de gauche vaut 1 et 1² = 1. Vrai.
Hérédité : soit n ≥ 1 tel que 1 + 3 + … + (2n − 1) = n². Alors 1 + 3 + … + (2n − 1) + (2(n + 1) − 1) = n² + (2n + 1) = (n + 1)². La propriété est vraie au rang n + 1.
Conclusion : elle est vraie pour tout n ≥ 1. (Vérification : 1 + 3 + 5 + 7 = 16 = 4².)
9 Divisibilité ★★★
Initialisation : 60 − 1 = 0 = 5 × 0, multiple de 5.
Hérédité : soit n tel que 6n − 1 = 5k avec k entier, c’est-à-dire 6n = 5k + 1. Alors 6n+1 − 1 = 6 × 6n − 1 = 6(5k + 1) − 1 = 30k + 5 = 5(6k + 1), avec 6k + 1 entier. C’est un multiple de 5.
Conclusion : pour tout entier n, 6n − 1 est un multiple de 5. (6¹ − 1 = 5 ; 6² − 1 = 35 ; 6³ − 1 = 215.)
10 Une suite avec racine carrée ★★★
- u1 = √3 ≈ 1,732 ; u2 = √(√3 + 2) ≈ 1,932.
- Initialisation : 0 < u0 = 1 < 2. Hérédité : supposons 0 < un < 2. Alors 2 < un + 2 < 4. La racine carrée étant croissante, √2 < un+1 < 2, donc 0 < un+1 < 2. Conclusion : 0 < un < 2 pour tout n.
- On multiplie et divise par la quantité conjuguée : un+1 − un = √(un + 2) − un = (un + 2 − un²) ÷ (√(un + 2) + un). Le numérateur est 2 + un − un² = (2 − un)(1 + un) (on développe : 2 + 2un − un − un²). Comme 0 < un < 2, ce numérateur est > 0 ; le dénominateur aussi. Donc un+1 > un : la suite est strictement croissante.
- La suite est croissante et majorée par 2 : d’après le théorème de convergence monotone, elle converge vers un réel ℓ. Cette limite vérifie ℓ = √(ℓ + 2), donc ℓ² = ℓ + 2, soit (ℓ − 2)(ℓ + 1) = 0. Comme ℓ > 0, ℓ = 2.
11 Majorée, croissante, convergente ★★★
- u1 = 2 ; u2 = 0,6 × 2 + 2 = 3,2 ; u3 = 0,6 × 3,2 + 2 = 3,92 ; u4 = 0,6 × 3,92 + 2 = 4,352.
- Initialisation : u0 = 0 ≤ 5. Hérédité : si un ≤ 5, alors 0,6un ≤ 3 (on multiplie par 0,6 > 0) et un+1 = 0,6un + 2 ≤ 5. Conclusion : un ≤ 5 pour tout n.
- un+1 − un = 2 − 0,4un. Or un ≤ 5 donc 0,4un ≤ 2, d’où un+1 − un ≥ 0 : la suite est croissante.
- Croissante et majorée par 5, (un) converge (théorème de convergence monotone). Sa limite vérifie ℓ = 0,6ℓ + 2, donc 0,4ℓ = 2 et ℓ = 5.
- vn+1 = un+1 − 5 = 0,6un − 3 = 0,6(un − 5) = 0,6vn. Donc (vn) est géométrique de raison 0,6 et v0 = −5. Ainsi vn = −5 × 0,6n et un = 5 − 5 × 0,6n. (Contrôle : u1 = 5 − 3 = 2 ; u2 = 5 − 1,8 = 3,2.) Comme 0,6n → 0, on retrouve ℓ = 5.
12 Variation par le quotient ★★★
- u0 = 1 ; u1 = 3 ÷ 2 = 1,5 ; u2 = 9 ÷ 3 = 3 ; u3 = 27 ÷ 4 = 6,75.
- 3n > 0 et n + 1 > 0, donc un > 0. Ensuite un+1 ÷ un = (3n+1 ÷ (n + 2)) × ((n + 1) ÷ 3n) = 3(n+1)n+2.
- 3(n+1)n+2 > 1 ⇔ 3n + 3 > n + 2 (car n + 2 > 0) ⇔ 2n > −1, ce qui est vrai pour tout entier n. Le quotient est > 1 et les termes sont positifs : un+1 > un. La suite est strictement croissante, donc minorée par son premier terme u0 = 1.
13 Chercher un seuil ★★★
- Chaque année, le capital est multiplié par 1,05 : vn+1 = 1,05vn, avec v0 = 1 000. La suite est géométrique de raison 1,05 et vn = 1 000 × 1,05n.
- Programme possible :
def annees(): v = 1000 n = 0 while v <= 1500: v = 1.05 * v n = n + 1 return n - La fonction renvoie 9. Vérification : v8 = 1 000 × 1,058 ≈ 1 477,46 € ≤ 1 500 et v9 ≈ 1 551,33 € > 1 500. Le capital dépasse donc 1 500 € au bout de 9 ans (la suite étant croissante, il reste au-dessus ensuite).
14 Une inégalité par récurrence ★★★
Initialisation (n = 5) : 25 = 32 et 5² = 25. Comme 32 > 25, la propriété est vraie.
Hérédité : soit n ≥ 5 tel que 2n > n². Alors 2n+1 = 2 × 2n > 2n². Montrons que 2n² ≥ (n + 1)² : 2n² − (n + 1)² = n² − 2n − 1 = (n − 1)² − 2 ≥ 16 − 2 > 0 car n − 1 ≥ 4. Donc 2n+1 > 2n² ≥ (n + 1)².
Conclusion : 2n > n² pour tout n ≥ 5. (Attention : la propriété est fausse pour n = 3, car 8 < 9, et pour n = 4, car 16 = 16.)
15 Deviner puis prouver ★★★
- u1 = 1 ÷ (1 + 1) = 12 ; u2 = 12 ÷ (1 + 12) = 12 ÷ 32 = 13 ; u3 = 13 ÷ 43 = 14. On conjecture un = 1n+1.
- Initialisation : 10+1 = 1 = u0. Hérédité : supposons un = 1n+1. Alors un+1 = 1n+1 ÷ (1 + 1n+1). On multiplie numérateur et dénominateur par n + 1 : un+1 = 1 ÷ (n + 1 + 1) = 1n+2. C’est la formule au rang n + 1. Conclusion : un = 1n+1 pour tout n.
- un+1 − un = 1n+2 − 1n+1 = −1(n+1)(n+2) < 0 : la suite est strictement décroissante. Elle est minorée par 0 (termes positifs) donc converge ; comme 1n+1 devient aussi petit qu’on veut, sa limite est 0.
16 Suite arithmético-géométrique ★★★
- u1 = 15 − 4 = 11 ; u2 = 33 − 4 = 29.
- ℓ = 3ℓ − 4 ⇔ 2ℓ = 4 ⇔ ℓ = 2. Posons wn = un − 2. Alors wn+1 = 3un − 4 − 2 = 3un − 6 = 3(un − 2) = 3wn. La suite (wn) est géométrique de raison 3, de premier terme w0 = 5 − 2 = 3.
- wn = 3 × 3n = 3n+1, donc un = 2 + 3n+1. Vérification : u2 = 2 + 3³ = 29 ✓.
- un+1 − un = 3n+2 − 3n+1 = 2 × 3n+1 > 0 : strictement croissante. Comme 3 > 1, 3n+1 → +∞ (Bernoulli), donc (un) tend vers +∞.
- un > 106 ⇔ 3n+1 > 999 998. Or 312 = 531 441 et 313 = 1 594 323. Il faut donc n + 1 ≥ 13, soit n = 12. Contrôle : u11 = 531 443 < 106 et u12 = 1 594 325 > 106.
17 Un abonnement ★★★
- Après désinscriptions, il reste 85 % des abonnés : 0,85un, puis on ajoute 300 : un+1 = 0,85un + 300. u1 = 0,85 × 1 200 + 300 = 1 320 ; u2 = 0,85 × 1 320 + 300 = 1 422.
- vn+1 = un+1 − 2 000 = 0,85un − 1 700 = 0,85(un − 2 000) = 0,85vn. (vn) est géométrique de raison 0,85, v0 = −800. Donc vn = −800 × 0,85n et un = 2 000 − 800 × 0,85n. (Contrôle : u1 = 2 000 − 680 = 1 320 ✓.)
- un+1 − un = −800 × 0,85n × (0,85 − 1) = 120 × 0,85n > 0 : la suite est strictement croissante. Pour tout n, 800 × 0,85n > 0, donc un < 2 000 : elle est majorée par 2 000. Comme 0,85n → 0, un → 2 000 : le nombre d’abonnés se stabilise vers 2 000 sans jamais l’atteindre.
- un > 1 900 ⇔ 800 × 0,85n < 100 ⇔ 0,85n < 0,125. À la calculatrice : u12 ≈ 1 886,2 < 1 900 et u13 ≈ 1 903,3 > 1 900. La suite étant croissante, c’est vrai dès n = 13, c’est-à-dire au 1er janvier 2039.
18 Une suite qui se rapproche de 1 ★★★
- u1 = 0,5 × 1,5 = 0,75 ; u2 = 0,75 × 1,25 = 0,9375. Et 1 − (1 − un)² = 1 − 1 + 2un − un² = un(2 − un) ✓.
- Initialisation : 0 < 0,5 < 1. Hérédité : supposons 0 < un < 1. Alors 0 < 1 − un < 1, donc 0 < (1 − un)² < 1 (le carré conserve l’ordre sur les positifs), puis 0 < 1 − (1 − un)² < 1. C’est 0 < un+1 < 1. Conclusion : vrai pour tout n.
- un+1 − un = un(2 − un) − un = un(1 − un) > 0 car 0 < un < 1. La suite est strictement croissante.
- Croissante et majorée par 1 : elle converge vers ℓ. De ℓ = ℓ(2 − ℓ), on tire ℓ(1 − ℓ) = 0, donc ℓ = 0 ou ℓ = 1. Or un ≥ u0 = 0,5 pour tout n (croissance), donc ℓ ≥ 0,5 : ℓ = 1.
19 Somme des carrés ★★★
Initialisation (n = 1) : 1² = 1 et 1×2×36 = 1.
Hérédité : supposons 1² + … + n² = n(n+1)(2n+1)6. Alors la somme jusqu’à n + 1 vaut n(n+1)(2n+1)6 + (n + 1)² = (n + 1) × n(2n+1) + 6(n+1)6 = (n + 1) × 2n² + 7n + 66. Comme 2n² + 7n + 6 = (n + 2)(2n + 3), on obtient (n+1)(n+2)(2n+3)6, qui est la formule au rang n + 1 (car 2(n + 1) + 1 = 2n + 3).
Conclusion : la formule est vraie pour tout n ≥ 1.
Pour n = 20 : 20 × 21 × 416 = 172206 = 2 870.
20 Que fait ce programme ? ★★★
- Tableau (valeurs de u et n à chaque tour) : n = 0 : 1 ; n = 1 : 2,5 ; n = 2 : 4,75 ; n = 3 : 8,125 ; n = 4 : 13,1875 ; n = 5 : 20,78125. À n = 5, u = 20,78 ≥ 20 : la condition « u < 20 » devient fausse, la boucle s’arrête. mystere(20) renvoie 5.
- Le nombre renvoyé est le plus petit rang n tel que un ≥ S (le premier terme qui atteint ou dépasse le seuil S).
- un+1 + 2 = 1,5un + 3 = 1,5(un + 2). La suite (un + 2) est géométrique de raison 1,5 et de premier terme 3 : un = 3 × 1,5n − 2. (Contrôle : u1 = 4,5 − 2 = 2,5 ✓.) Comme 1,5 > 1, 1,5n → +∞, donc un → +∞ : tout seuil S finit par être dépassé, et la boucle s’arrête.
- un ≥ 100 ⇔ 3 × 1,5n ≥ 102 ⇔ 1,5n ≥ 34. On calcule 1,58 ≈ 25,6 < 34 et 1,59 ≈ 38,4 ≥ 34. Donc n = 9 (u9 = 113,33… ≥ 100 et u8 ≈ 74,89 < 100). C’est ce que renvoie mystere(100).
21 Une suite qui tend vers +∞ sans formule ★★★
- u1 = 1 + 1 = 2 ; u2 = 2 + 0,5 = 2,5 ; u3 = 2,5 + 0,4 = 2,9.
- Initialisation : u0 = 1 > 0. Hérédité : si un > 0, alors 1 ÷ un > 0 et un+1 = un + 1 ÷ un > 0. Conclusion : un > 0 pour tout n.
- un+1 − un = 1 ÷ un > 0 d’après la question précédente. La suite est strictement croissante.
- Initialisation : u0² = 1 ≥ 2 × 0 + 1. Hérédité : supposons un² ≥ 2n + 1. Alors un+1² = (un + 1 ÷ un)² = un² + 2 + 1 ÷ un² ≥ un² + 2 ≥ 2n + 1 + 2 = 2(n + 1) + 1. Conclusion : un² ≥ 2n + 1 pour tout n.
- Comme un > 0, un ≥ √(2n + 1). Or √(2n + 1) devient aussi grand qu’on veut (pour tout réel A > 0, il dépasse A dès que 2n + 1 > A²). La suite (un) est minorée par une suite qui tend vers +∞ : elle tend vers +∞ (théorème de comparaison). (On peut aussi dire : croissante, et si elle était majorée elle convergerait, ce qui contredit un² ≥ 2n + 1.)
