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Bac de maths 2022 Centres étrangers J1 : corrigé

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Ce corrigé du sujet 1 des centres étrangers (11 mai 2022) détaille les quatre exercices. Tu y verras comment justifier un QCM sur les logarithmes sans le deviner, comment mener un calcul d'angle, d'aire et de volume avec des coordonnées dans l'espace, comment comparer une suite à une fonction auxiliaire pour obtenir son sens de variation, et comment remplir un tableau de probabilités avant d'appliquer la loi binomiale. Compare chaque méthode avec ta recherche et repère les théorèmes à citer.

Corrigé de l’exercice 1 : QCM sur la fonction logarithme

1. Comme \(\ln\) est une bijection de \(]0\,;\,+\infty[\) sur \(\mathbb{R}\), on a \(\ln\left(1+x^2\right)=2022\) équivalent à \(1+x^2=\mathrm{e}^{2022}\), soit \(x^2=\mathrm{e}^{2022}-1\). Ce nombre est strictement positif, donc il y a deux solutions opposées, \(\sqrt{\mathrm{e}^{2022}-1}\) et \(-\sqrt{\mathrm{e}^{2022}-1}\). Réponse : c.

2. Dérivons : \(g'(x)=\ln(x)+1-2x\), puis \(g''(x)=\dfrac{1}{x}-2\). On a \(g''(x)\gt 0\) pour \(0\lt x\lt\dfrac{1}{2}\) et \(g''(x)\lt 0\) pour \(x\gt\dfrac{1}{2}\). La fonction est donc convexe puis concave, et la dérivée seconde s'annule en changeant de signe en un seul point. Réponse : c. (un seul point d'inflexion, d'abscisse \(\dfrac{1}{2}\)).

3. Posons \(g(x)=-\dfrac{1}{2}\ln\left(1-x^2\right)\). Alors \(g'(x)=-\dfrac{1}{2}\times\dfrac{-2x}{1-x^2}=\dfrac{x}{1-x^2}=f(x)\). Réponse : a.

4. Il faut \(-x^2-x+6\gt 0\), c'est-à-dire \(x^2+x-6\lt 0\). Les racines de ce trinôme sont \(-3\) et \(2\) (car \((x+3)(x-2)=x^2+x-6\)), et il est négatif entre ses racines. L'ensemble de définition est \(]-3\,;\,2[\). Réponse : a.

5. On a \(f'(x)=2x-4+\dfrac{6}{2x-1}\), donc \(f'(1)=2-4+6=4\), et \(f(1)=1-4+3\ln(1)=-3\). La tangente est \(y=4(x-1)-3\), soit \(y=4x-7\). Réponse : a.

6. L'inéquation n'a de sens que si \(x+3\gt 0\) et \(x+1\gt 0\), donc pour \(x\gt -1\). On a alors \(2\ln(x+1)=\ln\left((x+1)^2\right)\) et, par croissance de \(\ln\), l'inéquation équivaut à \(x+3\lt (x+1)^2\), soit \(x^2+x-2\gt 0\), soit \((x-1)(x+2)\gt 0\). Cela donne \(x\lt -2\) ou \(x\gt 1\) ; avec \(x\gt -1\), il reste \(x\gt 1\). Réponse : b.

À retenir : dans un QCM de logarithmes, commence par l'ensemble de définition, puis ramène tout à une comparaison de nombres strictement positifs grâce à la croissance de \(\ln\).

Corrigé de l’exercice 2 : angle, aire et volume dans l’espace

1. a. On calcule \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}(0-2\,;\,2-0\,;\,1-3)\), soit \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}(-2\,;\,2\,;\,-2)\), et \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}(-1-2\,;\,-1-0\,;\,2-3)\), soit \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}(-3\,;\,-1\,;\,-1)\). Si ces vecteurs étaient colinéaires, leurs coordonnées seraient proportionnelles ; or \(\dfrac{-2}{-3}\) n'est pas égal à \(\dfrac{2}{-1}\). Ils ne sont pas colinéaires : A, B et C ne sont pas alignés.

b. \(\mathrm{AB}^2=4+4+4=12\) donc \(\mathrm{AB}=2\sqrt{3}\), et \(\mathrm{AC}^2=9+1+1=11\) donc \(\mathrm{AC}=\sqrt{11}\).

c. Avec les coordonnées : \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=(-2)(-3)+2\times(-1)+(-2)(-1)=6-2+2=6\). Avec la définition : \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=\mathrm{AB}\times\mathrm{AC}\times\cos\widehat{\mathrm{BAC}}\). Donc

\[\cos\widehat{\mathrm{BAC}}=\dfrac{6}{2\sqrt{3}\times\sqrt{11}}=\dfrac{3}{\sqrt{33}}=\dfrac{\sqrt{33}}{11}.\]

La calculatrice donne \(\widehat{\mathrm{BAC}}\approx 58{,}5^\circ\).

2. a. Le vecteur \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}\) est normal au plan \(\mathscr{P}\), ainsi que le vecteur colinéaire \(\vec{n}(1\,;\,-1\,;\,1)\). Une équation de \(\mathscr{P}\) est donc \(x-y+z+d=0\). Le point C\((-1\,;\,-1\,;\,2)\) appartient à \(\mathscr{P}\) : \(-1+1+2+d=0\), donc \(d=-2\). Le plan \(\mathscr{P}\) a pour équation \(x-y+z-2=0\).

b. La droite (AB) passe par A et a pour vecteur directeur \(\vec{n}(1\,;\,-1\,;\,1)\). Une représentation paramétrique est :

\[\begin{cases}x=2+t\\y=-t\\z=3+t\end{cases},\quad t\in\mathbb{R}.\]

c. Le point E est sur (AB) et sur \(\mathscr{P}\). On remplace dans l'équation du plan : \((2+t)-(-t)+(3+t)-2=0\), soit \(3+3t=0\), donc \(t=-1\). On obtient E\((1\,;\,1\,;\,2)\).

d. E est le pied de la hauteur issue de C dans le triangle ABC. On a \(\overrightarrow{\mathrm{CE}}(2\,;\,2\,;\,0)\), donc \(\mathrm{CE}=\sqrt{8}=2\sqrt{2}\). L'aire vaut

\[\mathcal{A}=\dfrac{\mathrm{AB}\times\mathrm{CE}}{2}=\dfrac{2\sqrt{3}\times 2\sqrt{2}}{2}=\mathbf{2\sqrt{6}}\ \text{unités d'aire}.\]

3. a. On a \(\overrightarrow{\mathrm{AF}}(-1\,;\,-1\,;\,0)\). Cherchons \(\alpha\) et \(\beta\) avec \(\overrightarrow{\mathrm{AF}}=\alpha\overrightarrow{\mathrm{AB}}+\beta\overrightarrow{\mathrm{AC}}\). Cela donne le système \(-2\alpha-3\beta=-1\), \(2\alpha-\beta=-1\), \(-2\alpha-\beta=0\). En additionnant les deux dernières équations, on trouve \(-2\beta=-1\), donc \(\beta=\dfrac{1}{2}\) et \(\alpha=-\dfrac{1}{4}\). La première équation est vérifiée : \(\dfrac{1}{2}-\dfrac{3}{2}=-1\). Ainsi \(\overrightarrow{\mathrm{AF}}=-\dfrac{1}{4}\overrightarrow{\mathrm{AB}}+\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AC}}\) : A, B, C et F sont coplanaires.

b. On a \(\overrightarrow{\mathrm{FD}}(2\,;\,-2\,;\,-4)\). Alors \(\overrightarrow{\mathrm{FD}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=-4-4+8=0\) et \(\overrightarrow{\mathrm{FD}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=-6+2+4=0\). Le vecteur \(\overrightarrow{\mathrm{FD}}\) est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (ABC), donc (FD) est orthogonale au plan (ABC).

c. F est dans le plan (ABC) et (FD) lui est orthogonale : \(\mathrm{FD}\) est la hauteur du tétraèdre ABCD issue de D. On a \(\mathrm{FD}=\sqrt{4+4+16}=\sqrt{24}=2\sqrt{6}\). Donc

\[V=\dfrac{1}{3}\times 2\sqrt{6}\times 2\sqrt{6}=\dfrac{24}{3}=\mathbf{8}\ \text{unités de volume}.\]

À retenir : un vecteur normal donne l'équation d'un plan et la direction d'une droite perpendiculaire ; le projeté orthogonal s'obtient en intersectant les deux, et il fournit la hauteur utile pour l'aire.

Corrigé de l’exercice 3 : écart entre l’exponentielle et sa tangente

Partie A

1. En \(-\infty\) : \(\mathrm{e}^x\to 0\) et \(-x\to+\infty\), donc \(\lim_{x\to-\infty}h(x)=+\infty\). En \(+\infty\) : on écrit \(h(x)=x\left(\dfrac{\mathrm{e}^x}{x}-1\right)\). Par croissances comparées, \(\dfrac{\mathrm{e}^x}{x}\to+\infty\), donc \(\lim_{x\to+\infty}h(x)=+\infty\).

2. La fonction \(h\) est dérivable et \(h'(x)=\mathrm{e}^x-1\). Or \(\mathrm{e}^x-1\gt 0\) équivaut à \(x\gt 0\). Donc \(h\) est décroissante sur \(]-\infty\,;\,0]\) et croissante sur \([0\,;\,+\infty[\), avec \(h(0)=1\). Tableau de variation :

\(x\) \(-\infty\) 0 \(+\infty\)
\(h'(x)\) \(-\) 0 \(+\)
\(h(x)\) \(+\infty\) \(\searrow\) 1 \(\nearrow\) \(+\infty\)

3. La fonction \(h\) est strictement croissante sur \([0\,;\,+\infty[\). Si \(0\lt a\lt b\), alors \(h(a)\lt h(b)\), donc \(h(a)-h(b)\lt 0\).

Partie B

1. L'équation de la tangente en 0 est \(y=f(0)+f'(0)(x-0)\). Comme \(f'=f=\exp\), \(f(0)=f'(0)=1\). \(T\) : \(y=x+1\).

2. Quand \(n\to+\infty\), \(\dfrac{1}{n}\to 0\) et, par continuité de l'exponentielle, \(\exp\left(\dfrac{1}{n}\right)\to 1\). Donc \(u_n\to 1-0-1\), c'est-à-dire \(\lim u_n=0\).

3. a. On développe :

\[u_{n+1}-u_n=\mathrm{e}^{\frac{1}{n+1}}-\dfrac{1}{n+1}-1-\mathrm{e}^{\frac{1}{n}}+\dfrac{1}{n}+1=\left(\mathrm{e}^{\frac{1}{n+1}}-\dfrac{1}{n+1}\right)-\left(\mathrm{e}^{\frac{1}{n}}-\dfrac{1}{n}\right)=h\left(\dfrac{1}{n+1}\right)-h\left(\dfrac{1}{n}\right).\]

b. Pour tout \(n\geqslant 1\), \(0\lt\dfrac{1}{n+1}\lt\dfrac{1}{n}\). D'après la question A.3 avec \(a=\dfrac{1}{n+1}\) et \(b=\dfrac{1}{n}\), \(h\left(\dfrac{1}{n+1}\right)-h\left(\dfrac{1}{n}\right)\lt 0\). Donc \(u_{n+1}-u_n\lt 0\) : la suite \((u_n)\) est strictement décroissante.

4. On lit dans le tableau : \(u_7\approx 0{,}0107\gt 10^{-2}\) et \(u_8\approx 0{,}0081\lt 10^{-2}\). Comme la suite est décroissante, les termes suivants restent inférieurs à \(10^{-2}\). La plus petite valeur est \(n=8\).

À retenir : pour trouver le sens de variation d'une suite définie par \(u_n=\varphi(1/n)\), étudie la fonction auxiliaire \(\varphi\) et compare \(\varphi\) en \(\dfrac{1}{n+1}\) et \(\dfrac{1}{n}\).

Corrigé de l’exercice 4 : défauts de traitement des verres

Partie A

1. On sait que \(P(\overline{A}\cap\overline{B})=0{,}75\), \(P(A)=0{,}1\) donc \(P(\overline{A})=0{,}9\), \(P(B)=0{,}2\) donc \(P(\overline{B})=0{,}8\). Dans la ligne \(\overline{B}\) : \(P(A\cap\overline{B})=0{,}8-0{,}75=0{,}05\). Dans la colonne \(A\) : \(P(A\cap B)=0{,}1-0{,}05=0{,}05\). Dans la ligne \(B\) : \(P(\overline{A}\cap B)=0{,}2-0{,}05=0{,}15\). Tableau complété :

\(A\) \(\overline{A}\) Total
\(B\) 0,05 0,15 0,2
\(\overline{B}\) 0,05 0,75 0,8
Total 0,1 0,9 1

2. a. « Au moins un défaut » est l'évènement contraire de « aucun défaut » : \(P(A\cup B)=1-P(\overline{A}\cap\overline{B})=1-0{,}75=\)0,25.

b. D'après le tableau, la probabilité de deux défauts est \(P(A\cap B)=\)0,05. On peut le vérifier avec \(P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B)\) : \(0{,}25=0{,}1+0{,}2-0{,}05\).

c. On compare : \(P(A)\times P(B)=0{,}1\times 0{,}2=0{,}02\), alors que \(P(A\cap B)=0{,}05\). Les deux nombres sont différents : \(A\) et \(B\) ne sont pas indépendants.

3. Un défaut pour un seul traitement correspond à \((A\cap\overline{B})\cup(\overline{A}\cap B)\), réunion de deux évènements incompatibles : \(0{,}05+0{,}15=\)0,2.

4. \(P_A(B)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(A)}=\dfrac{0{,}05}{0{,}1}=\)0,5.

Partie B

1. On répète 50 fois la même épreuve de Bernoulli (« la paire présente le défaut T1 », succès de probabilité \(0{,}1\)), les tirages étant assimilés à des tirages avec remise donc indépendants. La variable \(X\) compte les succès : \(X\) suit la loi binomiale \(\mathcal{B}(50\,;\,0{,}1)\).

2. \(P(X=10)=\dbinom{50}{10}\times 0{,}1^{10}\times 0{,}9^{40}\). La calculatrice donne \(P(X=10)\approx 0{,}015\).

3. La moyenne est l'espérance : \(E(X)=np=50\times 0{,}1=\)5 paires de verres en moyenne.

À retenir : un tableau à double entrée se remplit à partir des totaux connus, et il donne ensuite sans effort probabilités conjointes, test d'indépendance et probabilité conditionnelle.