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Géométrie plane et espace : cours de maths 2de

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Cours de maths 2de : Géométrie plane et espace

La géométrie de la 2de réunit tout ce que tu as appris au collège (Pythagore, Thalès, aires, volumes) et le met au service de raisonnements plus précis : distances, lieux de points, trigonométrie, solides coupés par un plan. Dans ce chapitre, on travaille sans repère : pas de coordonnées, seulement des figures, des propriétés et des calculs. À la fin, tu sauras justifier proprement une construction, calculer une hauteur, un angle ou un volume, et te repérer dans l’espace.

1. Rappels : configurations et théorèmes du collège

Théorème de Pythagore et sa réciproque

Si ABC est rectangle en B, alors AC² = AB² + BC². Réciproquement, si dans un triangle ABC on a AC² = AB² + BC², alors ABC est rectangle en B.

Théorème de Thalès et sa réciproque

Soit ABC un triangle, M un point de (AB) et N un point de (AC). Si (MN) // (BC), alors AMAB = ANAC = MNBC. Réciproquement, si AMAB = ANAC et si les points M, B, A d’une part, N, C, A d’autre part sont alignés dans le même ordre, alors (MN) // (BC).

Exemple

Dans le triangle ABC rectangle en B avec AB = 9 cm et BC = 12 cm, on a AC² = 81 + 144 = 225 donc AC = 15 cm. Si M est le point de [AB] tel que AM = 3 cm et N le point de [AC] tel que (MN) // (BC), alors 39 = AN15 = MN12, d’où AN = 5 cm et MN = 4 cm.

ABCMN

Pour ne rien oublier

Avant d’écrire « d’après le théorème de… », vérifie toujours les hypothèses (angle droit ? droites parallèles ?) et cite-les dans ta rédaction. Un théorème sans ses conditions ne démontre rien.

Rappelle-toi aussi les propriétés de reconnaissance : un quadrilatère est un parallélogramme s’il a ses diagonales de même milieu, ou deux côtés opposés parallèles et de même longueur ; c’est un losange s’il a quatre côtés égaux ; un rectangle s’il a trois angles droits.

2. Projeté orthogonal et distance d’un point à une droite

Projeté orthogonal

Soit d une droite et M un point. Le projeté orthogonal de M sur d est le point H de d tel que la droite (MH) soit perpendiculaire à d. Si M est sur d, alors H = M.

MHKdMHMK

Distance d’un point à une droite

La distance du point M à la droite d est la longueur MH, où H est le projeté orthogonal de M sur d.

Plus courte distance

Pour tout point K de la droite d, on a MK ≥ MH, avec égalité seulement si K = H. Le projeté orthogonal est donc le point de d le plus proche de M.

Démonstration. Prenons K sur d, distinct de H. Le triangle MHK est rectangle en H, donc d’après le théorème de Pythagore MK² = MH² + HK². Comme HK > 0, on a MK² > MH², et comme ces longueurs sont positives, MK > MH. ∎

Hauteurs et aires

Dans un triangle ABC, la hauteur issue de A est le segment [AH] où H est le projeté orthogonal de A sur (BC). Son aire vaut 12 × BC × AH. Dans un parallélogramme, l’aire est le produit d’un côté par la hauteur correspondante.

Piège

Dans un triangle qui a un angle obtus, le pied de la hauteur issue d’un sommet peut tomber en dehors du côté opposé, sur son prolongement. C’est pourquoi on parle du projeté sur la droite (BC), pas sur le segment [BC].

Points à une distance donnée d’une droite

Soit d une droite et k > 0. L’ensemble des points situés à la distance k de d est formé de deux droites parallèles à d, situées de part et d’autre de d, chacune à la distance k de d.

Méthode : calculer une hauteur grâce à l’aire

  1. Calcule l’aire du triangle avec une base et la hauteur que tu connais.
  2. Écris la même aire avec la base dont tu veux la hauteur : 12 × base × hauteur inconnue.
  3. Résous l’équation.

Exemple : ABC rectangle en A, AB = 6 cm, AC = 8 cm, donc BC = 10 cm. L’aire vaut 12 × 6 × 8 = 24 cm². Si H est le projeté de A sur (BC), alors 12 × 10 × AH = 24, donc AH = 4,8 cm.

3. Médiatrice, bissectrice et cercles

Médiatrice

La médiatrice d’un segment [AB] est la droite perpendiculaire à (AB) passant par son milieu.

Caractérisation de la médiatrice

Un point M appartient à la médiatrice de [AB] si et seulement si MA = MB.

ABIMmédiatrice de [AB]

Démonstration (sens direct). Soit I le milieu de [AB] et M un point de la médiatrice, distinct de I. Les triangles MIA et MIB sont rectangles en I, avec IA = IB. Par Pythagore, MA² = MI² + IA² = MI² + IB² = MB², donc MA = MB. Si M = I, c’est évident. ∎

Bissectrice

La bissectrice d’un angle est la demi-droite issue du sommet qui le partage en deux angles de même mesure. Ses points sont équidistants des deux côtés de l’angle.

Cercle circonscrit

Les trois médiatrices d’un triangle sont concourantes en un point O, équidistant des trois sommets. Le cercle de centre O passant par les sommets est le cercle circonscrit au triangle.

OABC

Triangle rectangle et cercle

Un triangle est rectangle en A si et seulement si A appartient au cercle de diamètre [BC]. Dans un triangle rectangle, le centre du cercle circonscrit est le milieu de l’hypoténuse, et la médiane issue de l’angle droit vaut la moitié de l’hypoténuse.

Cercle inscrit et tangente

Les trois bissectrices d’un triangle se coupent en un point équidistant des trois côtés : c’est le centre du cercle inscrit. Une droite est tangente à un cercle de centre O en un point T si elle est perpendiculaire au rayon [OT] : T est alors le projeté orthogonal de O sur la tangente.

Exemple

[AB] mesure 10 cm. Un point M de sa médiatrice vérifie MA = 13 cm. Soit I le milieu de [AB] : IA = 5 cm et MIA est rectangle en I, donc MI² = 13² − 5² = 144 et MI = 12 cm. La distance de M à la droite (AB) est donc 12 cm.

4. Trigonométrie dans le triangle rectangle

ABChypoténusecôté adjacent à Acôté opposé à Aα

Cosinus, sinus, tangente

Dans un triangle rectangle, pour un angle aigu α :

  • cos α = adjacenthypoténuse
  • sin α = opposéhypoténuse
  • tan α = opposéadjacent
Relations

Pour tout angle aigu α : 0 < cos α < 1, 0 < sin α < 1, tan α = sin α ÷ cos α et (cos α)² + (sin α)² = 1.

Justification. Avec les notations du dessin, cos α = AB/AC et sin α = BC/AC. Donc (cos α)² + (sin α)² = (AB² + BC²) ÷ AC² = AC² ÷ AC² = 1 d’après Pythagore. De plus sin α ÷ cos α = BC ÷ AB = tan α. ∎

Valeurs remarquables

Angle α 30° 45° 60°
cos α √32 √22 12
sin α 12 √22 √32
tan α √33 1 √3
Méthode : choisir le bon rapport

  1. Repère l’angle étudié, l’hypoténuse (face à l’angle droit), le côté opposé et le côté adjacent à cet angle.
  2. Choisis le rapport qui contient la donnée connue et l’inconnue.
  3. Écris l’égalité, résous-la et arrondis à la précision demandée.

Pour trouver un angle, on utilise la touche cos⁻¹, sin⁻¹ ou tan⁻¹ de la calculatrice, réglée en degrés.

Exemple

Le triangle ABC est rectangle en B, avec ∠A = 40° et AC = 8 cm. Le côté BC est opposé à A et AC est l’hypoténuse : BC = 8 × sin 40° ≈ 5,1 cm. Le côté AB est adjacent : AB = 8 × cos 40° ≈ 6,1 cm. Enfin ∠C = 90° − 40° = 50°.

Piège

Vérifie le mode de ta calculatrice : « DEG » pour des degrés. En mode « RAD », sin 40 donne un résultat tout à fait différent. Et la trigonométrie ne s’applique que dans un triangle rectangle.

La trigonométrie permet aussi de calculer une hauteur : si ABC a un angle B de mesure β et que H est le projeté de A sur (BC), alors AH = AB × sin β.

5. Aires et périmètres usuels

Figure Aire Périmètre
Rectangle (L, l) L × l 2(L + l)
Parallélogramme (base b, hauteur h) b × h 2(a + b) avec a, b les côtés
Triangle (base b, hauteur h) 12 × b × h somme des côtés
Trapèze (bases B et b, hauteur h) (B+b)2 × h somme des côtés
Disque de rayon r π r² 2π r
Secteur angulaire d’angle α° α360 × π r² α360 × 2π r + 2r
Exemple

Un secteur de disque de rayon 6 cm et d’angle 60° a pour aire 60360 × π × 6² = 6π ≈ 18,8 cm². Son arc mesure 60360 × 2π × 6 = 2π ≈ 6,3 cm.

Méthode : découper pour calculer

Pour une figure composée, découpe-la en figures usuelles (rectangle, triangle, demi-disque), calcule chaque aire séparément, puis additionne ou soustrais. Garde les valeurs exactes (avec π ou √) jusqu’à la dernière ligne, puis arrondis une seule fois.

6. Solides usuels : aires et volumes

ABDCEFGHacb

Formules à connaître

Solide Volume Aire
Pavé droit (a, b, c) a × b × c 2(ab + bc + ac)
Cube d’arête a a³ 6a²
Cylindre (rayon r, hauteur h) π r² h latérale : 2π r h
Pyramide (aire de base B, hauteur h) 13 × B × h somme des faces
Cône (rayon r, hauteur h) 13 × π r² h latérale : π r g
Boule de rayon R 43 π R³ sphère : 4π R²

SOhrg

Génératrice d’un cône

Dans un cône de révolution de hauteur h et de rayon de base r, la génératrice g (longueur d’un segment joignant le sommet à un point du cercle de base) vérifie g² = h² + r², car le triangle formé par la hauteur, un rayon et la génératrice est rectangle.

Exemple

Cône de rayon 6 cm et de hauteur 8 cm. Génératrice : g² = 64 + 36 = 100 donc g = 10 cm. Volume : 13 × π × 36 × 8 = 96π ≈ 301,6 cm³. Aire latérale : π × 6 × 10 = 60π ≈ 188,5 cm².

Piège

Le facteur 13 des pyramides et des cônes est souvent oublié, et le rayon d’une boule se met au cube, pas au carré. Vérifie aussi que tes mesures sont dans la même unité avant de calculer un volume.

7. Sections planes, agrandissement et réduction

Sections par un plan parallèle à une face ou à la base

  • Un pavé droit coupé par un plan parallèle à une face : la section est un rectangle identique à cette face.
  • Un cylindre coupé par un plan parallèle à sa base : un disque de même rayon ; parallèle à l’axe : un rectangle.
  • Une pyramide ou un cône coupé par un plan parallèle à la base : une réduction de la base.
  • Une boule coupée par un plan : un disque.

ABCDS

Agrandissement et réduction de rapport k

Quand on multiplie toutes les longueurs d’une figure ou d’un solide par k > 0 :

  • les longueurs sont multipliées par k ;
  • les aires sont multipliées par k² ;
  • les volumes sont multipliés par k³.

Les angles ne changent pas.

Section d’une pyramide ou d’un cône par un plan parallèle à la base

Si le plan coupe la hauteur à la distance h′ du sommet et que la hauteur totale vaut h, la section est une réduction de la base de rapport k = h′h, et le petit solide obtenu (pyramide ou cône) est une réduction du grand de rapport k.

Exemple

Pyramide de hauteur 12 cm dont la base est un carré de côté 9 cm. Un plan parallèle à la base passe à 4 cm du sommet : k = 412 = 13. La section est un carré de côté 3 cm, d’aire 9 cm². Le grand volume est 13 × 81 × 12 = 324 cm³ ; le petit vaut 324 × (13)³ = 12 cm³, ce que confirme 13 × 9 × 4 = 12.

Section d’une boule

Si un plan est à la distance d du centre O d’une boule de rayon R (avec d < R), la section est un disque de centre H (projeté orthogonal de O sur le plan) et de rayon r = √(R² − d²). Si d = R, le plan est tangent à la sphère en un seul point.

8. Droites et plans de l’espace

Positions relatives

  • Deux droites de l’espace sont soit coplanaires (parallèles ou sécantes), soit non coplanaires : elles n’ont alors aucun point commun et ne sont pas parallèles.
  • Une droite et un plan sont sécants en un point, parallèles, ou la droite est contenue dans le plan.
  • Deux plans sont parallèles (confondus ou sans point commun) ou sécants suivant une droite.
Propriétés de parallélisme et d’orthogonalité

  • Si deux plans parallèles sont coupés par un troisième plan, les deux droites d’intersection sont parallèles.
  • Si une droite est parallèle à une droite d’un plan, elle est parallèle à ce plan (si elle n’y est pas contenue).
  • Une droite est orthogonale à un plan si elle est orthogonale à deux droites sécantes de ce plan ; elle est alors orthogonale à toutes les droites du plan.
Exemple dans un cube ABCDEFGH

Les arêtes (AB) et (CG) ne sont ni parallèles ni sécantes : elles sont non coplanaires. L’arête (CG) est orthogonale au plan (ABC) puisqu’elle est orthogonale à (CB) et à (CD), deux droites sécantes de ce plan. Le plan (BDG) coupe le cube suivant un triangle équilatéral de côté a√2 si a est l’arête.

ABDCEFGH

Méthode : tracer la section d’un cube par un plan

  1. Place les trois points qui définissent le plan.
  2. Relie deux points situés sur une même face : leur segment est une arête de la section.
  3. Si deux faces sont parallèles, la section y laisse deux segments parallèles (utilise la propriété sur les plans parallèles).
  4. Termine en repassant en trait plein les parties visibles et en pointillés les parties cachées.
Mathbot te dit

Dans l’espace, dessine toujours les arêtes cachées en pointillés et nomme tes sommets : une figure claire règle déjà la moitié du problème !

À retenir

  • Le projeté orthogonal H de M sur d est tel que (MH) ⟂ d ; la distance de M à d est MH, la plus courte distance de M à un point de d.
  • Aire d’un triangle : 12 × base × hauteur ; une hauteur peut se calculer avec l’aire.
  • Un point est sur la médiatrice de [AB] si et seulement si MA = MB ; les trois médiatrices d’un triangle se coupent au centre du cercle circonscrit.
  • Dans un triangle rectangle : cos = adjacent/hypoténuse, sin = opposé/hypoténuse, tan = opposé/adjacent ; (cos α)² + (sin α)² = 1.
  • Valeurs remarquables : sin 30° = 12, cos 45° = sin 45° = √22, cos 30° = √32, tan 60° = √3.
  • Volumes : pyramide 13 B h ; cône 13 π r² h ; cylindre π r² h ; boule 43 π R³.
  • Rapport k : longueurs × k, aires × k², volumes × k³.
  • Une section parallèle à la base d’une pyramide ou d’un cône est une réduction de rapport h′h.
  • Dans l’espace, deux plans parallèles coupés par un troisième donnent deux droites parallèles.