
Une figure peut glisser, tourner, se retourner comme dans un miroir, ou grossir comme sous une loupe. Ces opérations s’appellent des transformations du plan. En 3ème, tu rassembles tout ce que tu connais (symétries, translations, rotations) et tu découvres une nouvelle venue, l’homothétie, qui agrandit ou réduit. Tu apprends à construire des images de figures, à dire ce qui est conservé ou non, puis à reconnaître des frises et des pavages.
1. Rappels : symétries axiale et centrale
Deux points A et A’ sont symétriques par rapport à une droite (d) lorsque (d) est la médiatrice du segment [AA’]. C’est l’effet d’un miroir : la figure est « retournée ».
Deux points A et A’ sont symétriques par rapport à un point O lorsque O est le milieu de [AA’]. C’est un demi-tour autour de O.
Le triangle A’B’C’ est l’image de ABC par la symétrie de centre O : O est le milieu de [AA’], de [BB’] et de [CC’].
On construit l’image de chaque sommet (ou de quelques points bien choisis), puis on relie les images dans le même ordre. Pour un cercle, il suffit de construire l’image de son centre : le rayon ne change pas.
La symétrie axiale change le sens de lecture de la figure (le « R » devient « Я »). La symétrie centrale la fait tourner d’un demi-tour mais ne la retourne pas. Ne confonds pas les deux !
2. La translation
Une translation fait glisser toute la figure en ligne droite, dans une même direction, dans un même sens et sur une même distance, sans la tourner. Elle est définie par la donnée d’un point et de son image : « la translation qui transforme A en A’ ».
Ici, chaque point se déplace de 5 carreaux vers la droite et de 3 carreaux vers le haut.
Pour la translation qui transforme A en A’, on voit comment aller de A à A’ (par exemple « 5 carreaux à droite, 3 en haut »). On refait exactement le même déplacement à partir de M. Les segments [AA’], [MM’] sont parallèles, de même longueur et de même sens ; AA’M’M est un parallélogramme (si A, A’, M ne sont pas alignés).
Une translation transforme une droite en une droite parallèle à elle-même. Par la translation, chaque segment a pour image un segment parallèle de même longueur.
3. La rotation
Une rotation est définie par un centre O, un angle et un sens (horaire, comme les aiguilles d’une montre, ou antihoraire). L’image M’ d’un point M vérifie : OM’ = OM et l’angle MOM’ est égal à l’angle de la rotation, dans le bon sens. Le centre est sa propre image.
Rotation de centre O, d’angle 90°, dans le sens antihoraire : A va en A’. On a OA = OA’ = √5 carreaux et l’angle AOA’ mesure 90°.
1) Trace le segment [OM]. 2) Avec le rapporteur, trace en O un angle α dans le sens demandé, à partir de [OM). 3) Sur cette demi-droite, reporte la longueur OM au compas : tu obtiens M’. Sur un quadrillage, un quart de tour se fait « à l’équerre » : on tourne le déplacement de O vers M d’un quart de tour.
La rotation d’angle 180° de centre O est la symétrie centrale de centre O. Deux quarts de tour de suite dans le même sens font un demi-tour.
4. L’homothétie de rapport positif
L’homothétie de centre O et de rapport k (k ≠ 0) transforme tout point M en un point M’ tel que O, M et M’ sont alignés et OM’ = |k| × OM. Si k est positif, M’ est sur la demi-droite [OM) : M et M’ sont du même côté de O.
Homothétie de centre O et de rapport 2 : OA’ = 2 × OA, OB’ = 2 × OB, OC’ = 2 × OC. Le triangle A’B’C’ est un agrandissement de ABC.
Si k > 1, la figure est agrandie ; si 0 < k < 1, elle est réduite ; si k = 1, elle ne bouge pas. Par exemple, une homothétie de rapport 13 divise toutes les longueurs par 3 : on obtient une réduction.
1) Trace la droite (OM). 2) Mesure OM, calcule k × OM. 3) Reporte cette longueur à partir de O sur la demi-droite [OM) : tu obtiens M’. Sur un quadrillage, on multiplie par k le déplacement de O vers M.
5. L’homothétie de rapport négatif
Si k est négatif, M’ est du côté opposé à M par rapport à O : O est entre M et M’. On a toujours OM’ = |k| × OM, par exemple OM’ = 2 × OM si k = −2.
Homothétie de centre O et de rapport −2 : A’, B’ et C’ sont de l’autre côté de O et deux fois plus loin. Le triangle semble « renversé » et agrandi.
Le rapport 1 laisse tout en place. Le rapport −1 est la symétrie centrale de centre O. Deux homothéties de même centre, de rapports k et k’, se suivent comme une homothétie de rapport k × k’.
Centre l’origine O(0 ; 0), rapport −3, point A(2 ; −1). Les coordonnées sont multipliées par −3 : A'(−6 ; 3). Pour un centre quelconque Ω(a ; b), on calcule d’abord le déplacement de Ω vers le point, on le multiplie par k, puis on repart de Ω.
6. Agrandissement, réduction et grandeurs
Les longueurs sont multipliées par |k|. Les angles ne changent pas. Les aires sont multipliées par k². Dans l’espace, les volumes sont multipliés par |k|³.
On agrandit un rectangle de 6 cm sur 4 cm avec k = 2,5. Dimensions : 15 cm sur 10 cm. Aire avant : 24 cm². Aire après : 150 cm² = 24 × 2,5² = 24 × 6,25. Les angles droits restent droits.
Doubler les longueurs ne double pas l’aire : elle est multipliée par 4. Pour un solide, doubler toutes les longueurs multiplie le volume par 8 !
Une maquette à l’échelle 150 est une réduction de rapport 150. Une longueur de 3 m devient 6 cm. Son volume est divisé par 50³ = 125 000.
7. Ce qui est conservé
Quand on transforme une figure, certaines propriétés restent les mêmes. Le tableau les résume.
| Symétries, translation, rotation | Homothétie de rapport k | |
|---|---|---|
| Alignement, parallélisme | conservés | conservés |
| Angles | conservés | conservés |
| Longueurs | conservées | multipliées par |k| |
| Aires | conservées | multipliées par k² |
| Image d’une droite | une droite (parallèle pour la translation, la symétrie centrale et l’homothétie) | une droite parallèle |
Les transformations qui conservent les longueurs (symétries, translation, rotation) donnent une figure de même forme et de même taille : l’image est « superposable » à l’original. L’homothétie donne une figure de même forme, mais de taille différente (sauf si k = 1 ou −1).
Pour reconnaître une transformation, pose-toi trois questions : la figure a-t-elle glissé sans tourner (translation) ? a-t-elle tourné (rotation) ? a-t-elle changé de taille (homothétie) ?
8. Frises et pavages
Une frise est une bande dans laquelle un motif se répète à intervalles réguliers. Le plus souvent, on passe d’un motif au suivant par une translation.
Chaque motif est l’image du précédent par la translation de 4 carreaux vers la droite.
Un pavage recouvre tout le plan avec des figures identiques, sans trou ni chevauchement. Autour de chaque sommet, la somme des angles doit faire 360°.
Six triangles équilatéraux autour de O. T2 est l’image de T1 par la rotation de centre O, d’angle 60°.
Un triangle équilatéral a des angles de 60° : 6 × 60° = 360°. Un carré a des angles de 90° : 4 × 90° = 360°. Un hexagone régulier a des angles de 120° : 3 × 120° = 360°. Mais un pentagone régulier (108°) ne pave pas : 3 × 108° = 324° laisse un trou, et 4 × 108° = 432° se chevauche.
9. Composer des transformations
Composer deux transformations, c’est en effectuer une, puis l’autre sur l’image obtenue. L’ordre peut avoir de l’importance !
Deux translations successives sont équivalentes à une translation. Deux rotations de même centre s’ajoutent : 90° puis 90° dans le même sens font 180°. Deux symétries centrales de centres O₁ puis O₂ font une translation : le point glisse du double du déplacement de O₁ à O₂.
Soit A(1 ; 1), O₁(3 ; 2), O₂(6 ; 0). Par la symétrie de centre O₁, A devient A₁(5 ; 3). Par la symétrie de centre O₂, A₁ devient A₂(7 ; −3). Le passage de A à A₂ est une translation de (+6 ; −4), qui est bien le double du déplacement de O₁ à O₂ (+3 ; −2).
1) Compare la forme et la taille : si la taille change, c’est une homothétie. 2) Sinon, regarde si la figure est retournée (symétrie axiale) ou non. 3) Si elle est dans le même sens : sans tourner, c’est une translation ; en tournant, une rotation (ou une symétrie centrale si c’est un demi-tour). 4) Pour trouver le centre, trace des droites reliant des points et leurs images.
À retenir
- Translation : on glisse ; définie par « A devient A’ » ; l’image d’une droite est parallèle.
- Rotation : centre, angle, sens ; OM’ = OM ; 180° = symétrie centrale.
- Homothétie de centre O et de rapport k : O, M, M’ alignés et OM’ = |k| × OM ; k > 0 même côté, k < 0 côté opposé ; k = −1 : symétrie centrale.
- Symétries, translation, rotation conservent longueurs, angles, aires, parallélisme.
- Homothétie de rapport k : longueurs × |k|, aires × k², volumes × |k|³, angles inchangés.
- Une frise se répète par translation ; un pavage a 360° autour de chaque sommet.
- Deux symétries centrales de suite donnent une translation.
